Le Télétravail en débat sur Seine Ouest

Atelier RH Publié le 24/05/2017
Le Télétravail en débat sur Seine Ouest

 

Pour son dernier rendez-vous RH du mois de mai, le Pôle de compétence numérique a invité le cabinet Ressources et Carrières à animer un atelier sur la thématique du Télétravail. Une quinzaine de participants se sont ainsi retrouvés chez Spaces Boulogne-Billancourt pour échanger autour de leurs bonnes pratiques.


Frédéric ROUGE ne regrette pas d’avoir proposé à l’une de ses salariées de passer en télétravail. Tout sourire, le dirigeant du Foyer Carcel partage son expérience au moment de la table ronde :

En l’espace d’un an, nous sommes passés d’un retard de huit mois de comptabilité à zéro jour ! En travaillant ne serait-ce que deux jours par mois chez elle, une salariée auparavant totalement désorganisée a pu se concentrer sur ses tâches et apprécier de ne pas avoir à courir dans les transports en commun.

Un témoignage qui va dans le sens des dernières études s’accordant à montrer que le télétravail favorise la productivité et le bien-être des salariés.

Isabelle Sauvage et Mireille Hattais-Favre, les animatrices de l’atelier, en sont convaincues. Chiffres à l’appui, elles établissent un premier état des lieux.

Le télétravail en chiffre : bien-être et productivité en hausse

En France, près de 17% des salariés effectuent au moins un jour de télétravail par semaine. Même si nous sommes en retard par rapport à la moyenne européenne, faute à “une culture du présentiel encore très forte en France” rappelle Isabelle Sauvage, les tendances sont toujours à la hausse.

Selon la dernière enquête de l’ANDRH, réalisée sur 5000 DRH à l’occasion de la concertation nationale sur le sujet, le télétravail bénéficie ainsi d’une perception très favorable de la part des salariés (93 %).

Il boosterait également la productivité (pour 37% des répondants) et surtout l’engagement des télétravailleurs (67%) !

Pas étonnant de constater la corrélation avec la réduction de l’absentéisme d’un tiers selon Isabelle.

Pour autant, le cadre légal est encore assez contraignant quant à la mise en place du télétravail, comme s’attache à le rappeler Mireille Hattais-Favre.

Cadre légal du télétravail

Première mise au point, il ne faut pas confondre télétravail et travail nomade. En s’appuyant sur les articles du code du travail s’y référant, Mireille rappelle les éléments essentiels à respecter.

L’établissement du télétravail est une démarche volontaire et contractuelle, elle nécessite donc l’établissement d’un contrat de travail ou d’un avenant.

Charge de travail, horaires, modalités de compte-rendu et de liaison avec l’entreprise, rappel des règles de santé et de sécurité, rattachement hierarchique, droit à la déconnexion… Autant d’éléments à intégrer au nouveau contrat lié avec le salarié.

Il s’agit également d’y fixer le lieu affecté au télétravail, qu’il s’agisse du domicile du salarié ou d’un espace de co-working, en vérifiant bien la conformité de l’espace en question, quitte à envoyer un expert pour s’en assurer. 

Autre point essentiel, la mise à disposition du salarié et l’entretien de tous les équipements nécessaires à  la réalisation de son travail ainsi que la prise en charge des coûts liés au télétravail.

Enfin, il s’agit de convenir d’une période d’adaptation liée à la nouvelle organisation. Au cours de cette dernière, chaque partie pourra ainsi revenir sur la mise en place du télétravail.

Mireille conseille de prévoir des échéances à trois mois, six mois voire un an afin de faire le point sur la situation avec le salarié et avancer en bonne intelligence.

Une réflexion globale pour repenser l’organisation du travail

Le télétravail, c’est un “contrat de confiance” que s’accordent à décrire les participants, qui implique de nouveaux modes de management, et qui sera certainement “la règle de demain” selon Frédérique ICHAC, gérante du cabinet de management Musa Decima

Encore s’agit-il d’intégrer une réflexion globale au niveau de chaque structure et de repenser les interactions entre les télétravailleurs, leurs managers et plus largement leurs équipes. Afficher clairement les critères objectifs qui découlent de ces réflexions, permet par exemple d’éviter les tensions au sein des salariés tentés par l’expérience du télétravail.

Les technologies digitales, avec leurs outils collaboratifs et de partage de données favorisent déjà grandement les interactions à distances, mais il est nécessaire de les articuler à des temps de réunion physique pour maintenir et renforcer les liens.

Quoi qu’il en soit, le sujet s’intègre pleinement dans les réflexions liées aux transformations du travail et devrait refaire parler de lui prochainement, à l’annonce des résultats de la concertation de la loi travail.

En espérant qu’elle permettra de faire évoluer le cadre légal, en levant notamment les restrictions sur le télétravail occasionnel qui demeure informel dans la majorité des cas.